La Villa Tesio - Dormelletto
C’est une vue frappante qui s’offre au promeneur emporté par le trafic d’une rue pleine d’affiches publicitaires et de bâtiments, lorsque surgit soudain, au bout d’une allée bordée de cyprès, cette villa pleine de charme, entourée de végétation et dont les véritables seigneurs ne sont autres que des chevaux pur-sang.
C’est en effet ici que furent élevés des chevaux qui marquèrent l’histoire de la course hippique, comme le souligne bien l’emblème des lieux, l’écusson représentant une croix de Saint andré peinte sur un mur externe de la villa.
Tout commença en 1898, lorsque Federico Tesio décida d’installer son écurie privée sur ces terres de villégiature, caractérisées par son terrain sec malgré l’humidité ambiante. Le « Magicien de Dormello », comme on le surnomma bientôt, fut certainement un pionnier dans le domaine hippique, grâce à son approche scientifique qui développa la recherche et l’expérimentation sélective des races.
On lui doit ainsi la création de la race "Dormello-Olgiata", à la suite de la société fondée par Tesio dans les années trente, avec les élevages de Mario Incisa Della Rocchetta. Grâce à de géniales intuitions et des croisements chanceux, des chevaux comme Nearco, Bellini, Donatello II, Tenerani et, surtout, Ribot, "le cheval du siècle", virent le jour. Ribot domina la scène hippique mondiale au cours d’une carrière fulgurante, de 1954 à 1956, où il triompha dans toutes les compétitions disputées.
Ce parcours légendaire ne manque pas d’anecdotes piquantes : en effet, Federico Tesio renonça à inscrire Ribot au derby de 1954, parce qu’il le trouvait… peu élégant à cause de sa queue trop courte, de sa tête trop longue et de sa petite taille... Il mourut peu après, sans jamais avoir vu son candidat le plus parfait en compétition !
La Dormello-Olgiata continua à produire des champions, et l’on peut en voir aujourd’hui encore dans les prés qui entourent la villa, vivants souvenirs des temps glorieux.
Les moulins de la vallée du Rese - Comingnago
Le torrent du Rese naît dans une vallée de la commune de Comignago, caractérisée par un grand fleuve glacial qui la traverse sous terre. Il émerge du sol à certains endroits, comme par exemple là où commence le petit torrent qui après un bref parcours se jette dans le Lac Majeur.
Autrefois, les habitants construisirent des digues le long de son cours pour pouvoir utiliser les "rogge molinare", qui alimentait les roues des moulins construits sur le territoire.
Quatre moulins témoignent encore de cette antique pratique communale : les moulins del Croso, del Vaglio, il Molinetto et il Molino Antico o Molinazzo.
Ils étaient entièrement construits en bois (à l’exception des meules qui elles étaient en pierre), des petits canaux par lesquels passait l’eau aux roues qui actionnaient tout le système. Chaque moulin en avait trois, l’une pour meuler le millet et, plus tard, le maïs, l’autre pour le seigle et le froment, et la dernière enfin pour actionner un mécanisme de pistons.
Il est important de signaler que ces moulins, depuis toujours le moyen le plus économique et le moins fatigant de produire de la farine, furent à l’origine de nombreuses disputes voire de conflits locaux.
Certains ont été restaurés et transformés en habitations, mais on peut encore y admirer les instruments qu’utilisaient les artisans d’autrefois.
Peschiera di Vernome
Il y a encore quelques décennies, la partie du fleuve Fino qui traverse le territoire de Castelletto et celui des pays limitrophes était pleine de viviers alimentés par les eaux provenant du Lac Majeur.
Ce système a vraisemblablement un origine antique, si l’on en croit un document de 1014, concession impériale à l’évêque de Novara, qui mentionne pour la première fois des constructions stables fixées dans le lit du fleuve.
Aujourd’hui malheureusement, il ne reste qu’un seul vivier, en mauvais état de conservation : le vivier de Vernome. Ses deux remblais (les “viman”), en forme de V ouverte vers le lac (de manière à canaliser le plus d’eau, et donc de poissons), sont construits à partir d’une sorte de tissage de bois flexibles et résistants comme le châtaignier, le noisetier et le saule, à la manière d’un panier d’osier (en italien, justement, le « vimini ») : un piège où les poissons du lac, conduits jusque-là par le simple courant, tombaient facilement et où les pêcheurs les récupéraient grâce à des techniques plus ou moins élaborées.
Les moulins d’Oleggio Castello
Le torrent Vevera naît sur les collines du Vergante et son parcours tortueux est aujourd’hui encore animé par trois cascades artificielles destinées à accroître la rapidité de ses eaux afin que le moulin de la vallée de Vevera puisse les exploiter.
Ce moulin, inactif depuis les années soixante-dix et actuellement dans un état précaire, est un témoignage de l’activité rurale économique qui fut celle de cette zone aux terrains fertiles pendant de nombreuses décennies.
On peut encore oberserver la roue qui actionnait les meules pour produire la farine et ses dérivés, ainsi que le système de récolte des eaux du torrent grâce à des canaux, dont certains sont suspendus par des piliers en briques.
À côté du moulin, on peut également voir les ruines du vieux four où l’on cuisait le pain pour tous les alentours.
Borgoagnello
Ce nom désigne une ancienne colonie qui fait l’objet de controverses. Il y a encore quelques années en effet, on pensait qu’elle avait été fondée par les Romains puis plus tard par les Lombards. Cette thèse s’appuyait sur des fouilles archéologiques réalisées dans les environs, ayant mis au jour une tombe du 1er – 2ème siècle, des vases romains et un rocher portant des incisions rupestres.
Cependant, l’étude des constructions encore visibles aujourd’hui et, surtout, une importante documentation historique montrent que cette localité fut fondée en 1237 par le bourgmestre Zucono de Agnello, au cours d’une phase de colonisation de la commune de Novara destinée à créer de nouveaux bourgs francs regroupant les terres d’autres seigneuries locales. C’est aussi à cette époque que l’actuelle localité de Borgomanero fut fondée, sous le nom de San Leonardo.
Borgoagnello fut dans le passé le théâtre de disputes et de batailles, comme le montrent d’importants vestiges topographiques découverts dans cette zone : en 1358, ses fortifications furent détruites par Galeazzo II Visconti pendant la guerre contre le marquis du Monferrato ; les habitations furent probablement rasées au sol elles aussi, parce que les lieux furent abandonnés.
À la suite de constructions récentes qui ont transformé les lieux en zone industrielle, la physionomie du vieux bourg a été à tel point modifiée que l’on doit désormais consulter les documents cadastraux pour pouvoir identifier la structure originelle, carrée et entourée d’un fossé, d’un terre-plein et de deux portes dans un mur d’enceinte. On peut encore identifier le fossé par endroits, les portes quant à elles sont bien conservées, situées à 200 m. l’une de l’autre.