Arona (environ 15 000 habitants) se trouve dans la province de Novara en Italie du nord et fut à l’origine construite à 212 m. d’altitude entre les falaises abruptes des contreforts de la chaîne de montagnes de Vergante.
La ville, véritable porte s’ouvrant sur le lac, s’étend des pentes environnantes jusqu’aux rives du Lac Majeur, où la promenade bordée de vieux arbres et les maisons d’architecture médiévale et baroque offre un spectacle pittoresque. L’église de style Renaissance Santa Maria, dans le centre, abrite un polyptyque du célèbre artiste Gaudenzio Ferrari ; deux autres églises, Santi Martiri et Santa Maria de Loreta, méritent elles aussi que l’on y fasse un détour.
Les rues commerçantes et piétonnes, autour du Corso Cavour, dans le centre historique, sont toujours animées. Enfin, de belles villas entourées de jardins accueillent régulièrement des expositions et attirent de nombreux touristes : la Villa Ponti, la Villa Cantoni – l’une des villas les plus élégantes et imposantes du Verbano – ou encore la Villa Zuccòli, avec son parc en terrasses. La Piazza del Popolo, qui donne directement sur le lac, était autrefois le centre commercial de la ville et elle se situe à la place du vieux port qui fut remblayé lors de la construction d’un autre port plus grand. C’est le cœur de la ville, où s’installe tous les mardis le marché local, sous les arcades. On y organise aussi régulièrement des expositions artistiques.
Sur la gauche, le Palazzo del Monte di Pietà, un édifice de trois étages datant du 15ème siècle, impressionne avec ses arcades et ses colonnes de granit, ainsi que trois chapiteaux médiévaux. Le Palazzo di Giustizia (fin du 14ème siècle), demeure antique du bailli de la cité, a une belle arcade et des médaillons de brique représentant les membres de la famille Visconti (qui domina Arona, du début du 14ème siècle jusqu’en 1439 avec l’arrivée de Vitaliano Borromeo). Là, au centre de la ville, la Casa del Podestà, avec ses magnifiques piliers en ogive et le Musée Archéologique méritent également une visite. Enfin, Arona, qui a bien su développer ses activités dans les secteurs de l’industrie et de l’hôtellerie, est un point de départ idéal pour les trajets en bateau sur tout le Lac Majeur.
Détails historiques
C’est dans l’Antiquité que la ville commença à se développer. Une abbaye bénédictine régna sur les lieux jusqu’au 12ème siècle, époque où ils passèrent sous la domination des Torriani, puis dès 1277 sous celle des Visconti. Le fief d’Arona passa en 1439 sous la domination de la famille Borromée, jusqu’au 18ème siècle et reçut en 1744, avec Charles Emmanuel III de Savoie, le statut de ville.
Sa position géographique particulièrement favorable lui permit de devenir rapidement un pôle commercial des plus importants entre Milan et le canton suisse du Tessin.
À Arona et sur les rives du lac, beaucoup de peuples (d’origines diverses, Celtes, Romains et Lombards) ont laissé des traces, que ce soit dans le langage, la toponymie ou les vestiges archéologiques : à Lagoni par exemple, on a découvert des traces de constructions sur pilotis, et des restes significatifs ont été trouvés sur les versants surplombant la ville. La fondation d’une abbaye remontant à 979 est également attestée par un manuscrit datant du 11ème siècle ; elle aurait été consacrée aux martyrs Graziano et Felino.
Saint Charles Borromée est né dans la forteresse qui se trouve au-dessus d’Arona, Castello della Rocca, le 2 octobre 1538, et on y a érigé un monument en sa mémoire : la statue monumentale du saint, surnommée par les habitants San Carlone, qui surgit en arrière-plan de la ville.
D’une hauteur de 23,40 m., elle fait partie des statues les plus grandes du monde et représente le symbole religieux le plus important de tout le Lac Majeur. C’est le cardinal Federico Borromée qui en fit la commande et sa construction dura de 1614 à 1698. On peut entrer à l’intérieur de la statue et de petites fenêtres percées de tous côtés permettent d’admirer une vue splendide sur les environs et sur le lac.
De l’autre côté du lac, à l’est, se trouve la Rocca d’Angera, un forteresse médiévale impressionnante.
Après la période de domination napoléonienne, Arona fut repríse par la famille de Savoie jusqu’à la proclamation de l’unité italienne. La construction en 1855 du chemin de fer entre Novara et Arona favorisa les liaisons avec le reste de l’Italie et l’Europe, déjà bien organisées grâce au réseau lacustre.